Jil Sander x PUMA FW26 : le vestiaire passe au premier plan
Pour l’automne-hiver 2026, Jil Sander et PUMA ajoutent le vêtement à leur dialogue autour des archives sportives, sans renoncer à la sobriété.
La collection Jil Sander x PUMA FW26 marque une évolution nette dans le dialogue entre les deux maisons : pour la première fois, les vêtements rejoignent les chaussures. Au programme, une réinterprétation du survêtement T7, des Speedcat en cuir et une PUMA Suede épurée. La sortie mondiale est prévue le 23 octobre 2026 dans les boutiques et sur les plateformes en ligne des deux marques, avant une arrivée chez des revendeurs sélectionnés le lendemain.
Cette troisième collaboration ne cherche pas à multiplier les effets. Elle travaille plutôt les codes sportifs à travers les matières, les volumes et quelques détails précis. La campagne, photographiée dans un champ verdoyant envahi de fleurs sauvages, met en scène Meadow Walker et Barry Lawson. Un décor qui oppose la nature libre à la construction maîtrisée des vêtements, sans transformer la collection en simple exercice de style bucolique.
Jil Sander x PUMA FW26 : le T7 devient une pièce de vestiaire
La pièce centrale du volet textile est une nouvelle version du survêtement T7 de PUMA. Lancé en 1968, ce modèle doit son nom à sa bande Formstrip de sept centimètres, élément visuel devenu l’une des signatures de la marque. Pour cette édition, Simone Bellotti, directeur artistique de Jil Sander, conserve les bases sportives tout en modifiant la coupe et la matière.
La veste adopte une forme ample et carrée, tandis que le pantalon se resserre progressivement vers la cheville. L’ensemble est confectionné dans une laine bi-stretch développée pour la collaboration. La matière est pensée pour accompagner le mouvement tout en maintenant une silhouette structurée. Elle est également présentée comme respirante et capable de réguler naturellement la température, deux qualités qui répondent à l’usage d’un vêtement de sport sans lui donner l’apparence d’une tenue technique conventionnelle.
La couleur Club Navy, conçue spécialement pour cette proposition, installe une sobriété plus habillée que les déclinaisons habituelles du survêtement. Un curseur de fermeture argent brossé, marqué du logo, et des étiquettes tissées T7 co-signées ponctuent la pièce. Ici, les signes de collaboration restent discrets : ils complètent la construction au lieu de prendre le dessus.
Un haut à manches longues, ample et carré, accompagne le survêtement. Réalisé dans un mélange de coton et de polyester recyclé, il est proposé en blanc PUMA. L’offre vestimentaire est donc volontairement resserrée. Ce choix donne davantage de poids au T7, tout en évitant de diluer la proposition dans une collection complète de basiques qui répéteraient les mêmes codes.
Speedcat et Suede, deux lectures différentes des archives
Du côté des chaussures, la Speedcat reprend le modèle original créé pour Jil Sander et PUMA. Cette silhouette basse, héritée de l’univers du sport automobile, revient en cuir noir intégral ou en cuir blanc. La chaussure reçoit une doublure entièrement en cuir et un détail artisanal au talon, conçu par Bellotti. Plutôt qu’une transformation radicale, cette réédition mise sur la finition et la continuité avec le dessin d’origine.
La PUMA Suede suit une voie plus minimaliste. Sa construction familière cède la place à un cuir premium, une semelle extérieure affinée et un système de laçage dissimulé. Proposée uniquement en blanc, elle réduit les contrastes et rend la ligne plus nette. Les deux chaussures n’occupent donc pas le même registre : la Speedcat revendique son héritage automobile, tandis que la Suede cherche à effacer une partie de ses éléments les plus immédiatement reconnaissables.
Cette approche s’inscrit dans une tendance plus large où les marques de mode revisitent les archives sportives en intervenant moins sur la forme que sur les matières et les détails. On en retrouve une autre déclinaison dans MM6 x Salomon FW26, huit silhouettes entre ville et trail, où la rencontre entre vêtement technique et mode urbaine passe par un tout autre vocabulaire. Chez Jil Sander et PUMA, le résultat est plus retenu, mais la question est similaire : jusqu’où transformer une icône sans la rendre méconnaissable ?
Une collaboration qui préfère le toucher au logo
La cohérence de cette collection tient moins à un motif commun qu’à une manière de traiter les objets. La laine bi-stretch donne au T7 un caractère plus habillé ; le cuir et la doublure peaufinent les chaussures ; le blanc et le bleu marine limitent les effets de couleur. Les logos sont présents, mais les informations les plus parlantes se trouvent dans les coupes et les finitions.
C’est aussi ce qui distingue cette proposition d’une simple capsule de vêtements griffés. Le T7 reste identifiable comme un survêtement PUMA, mais sa matière modifie la façon dont on peut l’imaginer porté, séparément ou en ensemble. À l’inverse, les chaussures gardent une place familière dans le vestiaire, tout en adoptant des finitions moins ordinaires. La collection s’adresse ainsi autant aux amateurs des archives PUMA qu’à ceux qui suivent le travail de Jil Sander sur les silhouettes et les matières.
Le rapprochement entre PUMA et des labels de mode ne date pas de cette sortie. La marque poursuit aussi des dialogues plus directement ancrés dans la culture urbaine, comme avec PUMA Golf et Saturdays NYC, une capsule audacieuse. La collaboration avec Jil Sander se distingue toutefois par son attention aux proportions et à la finition, plutôt que par une accumulation de références ou de pièces à fort impact visuel.
Le rendez-vous du 23 octobre, sans promesse de rareté
La collection Jil Sander x PUMA FW26 sera disponible mondialement le 23 octobre 2026 dans les boutiques des deux marques et sur leurs plateformes en ligne. Des revendeurs sélectionnés la proposeront à partir du 24 octobre. Aucun prix ni volume de production n’est communiqué dans les informations disponibles : il est donc trop tôt pour mesurer sa disponibilité ou spéculer sur une éventuelle rareté.
Cette absence de discours sur l’exclusivité laisse la proposition se jouer sur un terrain plus concret : l’intérêt des pièces, leur fabrication et leur place dans une garde-robe. Le point d’entrée le plus distinctif est sans doute le T7 en laine, qui déplace un classique sportif vers un vestiaire plus polyvalent. Les chaussures, elles, offrent deux choix lisibles : la Speedcat pour rester proche de l’archive, la Suede pour une interprétation plus dépouillée.
La campagne résume bien cette retenue. Meadow Walker et Barry Lawson évoluent dans un paysage ouvert, mais les vêtements ne cherchent pas à se fondre dans une idée de nature ou d’aventure. Ils restent construits, précis, presque silencieux. Pour cette troisième rencontre, Jil Sander et PUMA élargissent donc leur terrain commun sans changer de méthode : partir d’objets familiers, puis faire sentir la différence dans la coupe et la matière.










