Campagne Prada 2026 : un hiver dessiné comme un conte
Avec « Drawing Prada », la maison italienne confie son imaginaire des fêtes à des acteurs, un photographe et des animateurs de cinéma.
Pour les fêtes, la campagne Prada 2026 préfère le trait au spectaculaire numérique. Baptisée « Drawing Prada », elle installe Maya Hawke, Sadie Sink et trois autres acteurs dans des paysages d’hiver dessinés à la main. La photographie et l’animation traditionnelle y partagent le même cadre, dans une proposition qui emprunte autant au cinéma classique qu’aux livres illustrés de l’enfance.
« Drawing Prada », un hiver à la main
La campagne ne se contente pas de placer ses talents devant un décor de saison. Elle imagine un monde où l’image photographique semble pouvoir glisser, d’un instant à l’autre, dans une illustration. Les personnages évoluent au milieu de paysages fantastiques et d’animaux espiègles, comme si le réel avait momentanément accepté les règles d’un conte.
Ce choix donne à l’ensemble une qualité volontairement fabriquée. Là où les images de mode cherchent souvent à effacer les signes de leur production, Prada fait de la fabrication son sujet. On devine la coexistence de deux langages, celui de la prise de vue et celui du dessin, sans que l’un soit réduit au rôle de simple arrière-plan. Le résultat repose précisément sur leur friction : des visages familiers, photographiés dans des environnements qui ne prétendent pas exister tels quels.
La direction créative est assurée par Miuccia Prada et Raf Simons. Le projet place ainsi le récit au premier plan, plutôt que de faire de la collection ou d’un produit unique le seul centre de gravité de la campagne. Les images et les courts films composent un ensemble, avec des scènes qui invitent à regarder l’espace autant que les silhouettes.
Le savoir-faire derrière l’animation dessinée de Prada
Le travail d’animation est mené par John Pomeroy, dont la carrière est associée à plusieurs productions animées emblématiques réalisées au sein de studios comme Disney. Son équipe donne forme aux décors hivernaux et aux personnages qui peuplent cet univers. Cette méthode implique une présence humaine très visible dans le résultat : le dessin n’est pas un effet de surface, mais une composante essentielle de l’identité visuelle.
La photographie de Glen Luchford joue un rôle tout aussi déterminant. Pour que les prises de vues et les illustrations cohabitent, la lumière et la perspective doivent rendre crédible leur rencontre. Les acteurs ne sont donc pas simplement photographiés puis posés sur un décor indépendant : la composition cherche à les inscrire dans un espace visuel partagé. C’est cet ajustement qui permet aux images de rester lisibles, même quand elles basculent vers le rêve.
L’ensemble réunit Chen Haoyu, Luther Ford, Kelvin Harrison Jr., Maya Hawke et Sadie Sink. La présence de talents issus du cinéma et des séries renforce la dimension narrative du projet : chacun semble prendre place dans une scène plutôt que dans une image publicitaire isolée. Pour une maison de mode, ce déplacement est intéressant. Il ne raconte pas seulement un vestiaire, il propose un monde dans lequel celui-ci peut exister.
Le conte de fêtes, entre nostalgie et image de mode
La campagne convoque des signes familiers de l’imaginaire hivernal, mais les associe à une esthétique singulière. La nostalgie ne tient pas seulement aux références au cinéma classique ou aux albums illustrés. Elle vient aussi de la matérialité suggérée par le dessin, de ses contours et de son expression moins lisse que celle d’une image entièrement numérique.
Cette démarche s’inscrit dans un intérêt plus large pour les procédés analogiques et les images dont la fabrication reste perceptible. La collection Brain Dead : la collection FW26 revisite l’ère analogique explore, dans un autre registre, cette attirance pour les textures et les références visuelles héritées. Le rapprochement n’implique pas une influence directe : il souligne plutôt une envie contemporaine de réintroduire du geste et de l’imperfection dans des univers visuels très contrôlés.
Chez Prada, la nostalgie ne semble pas chercher à reconstituer fidèlement une époque passée. Elle sert plutôt à créer un contraste avec les figures contemporaines de la campagne. Les acteurs restent présents, reconnaissables, tandis que le décor relève d’une logique plus libre. Ce décalage produit une étrangeté douce, éloignée du réalisme documentaire comme du pur fantasme numérique.
Quand le cinéma devient un langage de maison
Le dialogue entre mode et cinéma est ancien, mais « Drawing Prada » le traite comme un outil de mise en scène à part entière. Le recours à des acteurs, à une photographie pensée pour l’image animée et à une équipe issue de l’animation donne à la campagne une structure proche d’un récit. La marque ne raconte pas une intrigue précise ; elle organise plutôt une série de rencontres entre des personnages et des environnements imaginaires.
Ce lien avec le cinéma trouve un écho dans l’attention portée aux costumes et aux images de mode à l’écran. La vente par Christie’s des costumes de « Le Diable s’habille en Prada 2 » rappelle que le vêtement peut aussi circuler comme objet de mémoire culturelle. Ici, la logique est différente : Prada ne met pas en scène des pièces issues d’un film, mais emprunte à la narration cinématographique ses codes de cadrage et d’atmosphère.
Pour le public, cette approche offre une alternative aux campagnes de fêtes construites autour d’un décor immédiatement reconnaissable et d’une promesse de glamour sans détour. Elle demande un peu plus d’attention : les images fonctionnent par détails, par contrastes et par coexistence de styles. Cette retenue évite aussi de confondre richesse visuelle et accumulation d’effets.
Une féerie qui montre ses coutures
Le pari de « Drawing Prada » tient à une tension plutôt qu’à une prouesse technique : faire cohabiter le réel et l’illustration sans effacer la différence entre eux. C’est là que la campagne trouve sa personnalité. Le dessin garde son caractère artisanal, la photographie conserve sa présence concrète, et aucun des deux registres ne prétend l’emporter complètement.
Cette visibilité du geste constitue aussi une prise de position mesurée dans un paysage où les images peuvent être multipliées et transformées à grande vitesse. Prada ne présente pas l’animation traditionnelle comme une nouveauté absolue, mais comme un choix esthétique qui remet le travail des artistes au centre. La campagne tire sa force de cette décision, plus que d’une nostalgie facile pour les contes d’autrefois.
En associant un casting d’acteurs, la photographie de Glen Luchford et l’animation dirigée par John Pomeroy, la maison compose une féerie qui reste consciente de sa fabrication. C’est une manière de célébrer les fêtes sans se contenter de leurs codes habituels : non pas seulement montrer un hiver rêvé, mais rendre visible la main qui le dessine.
Questions fréquentes
- Comment s’intitule la campagne de fêtes 2026 de Prada ?
- La campagne s’intitule « Drawing Prada ». Elle construit un univers hivernal où photographie en prises de vues réelles et décors dessinés se rencontrent.
- Qui apparaît dans la campagne Prada Holiday 2026 ?
- La campagne réunit Chen Haoyu, Luther Ford, Kelvin Harrison Jr., Maya Hawke et Sadie Sink. Les images sont photographiées par Glen Luchford.














